Pet sitter : ce qu'il faut vérifier sur la santé du chien avant la garde

Un chien qui arrive avec une gastro-entérite, un traitement cardiaque qu’on a oublié de mentionner, des puces qui s’installent dans votre canapé pour trois mois : la plupart des gardes qui tournent mal ne tournent pas mal à cause du chien, mais à cause de ce qui n’a pas été demandé avant qu’il franchisse la porte.
Le point santé prend vingt minutes. Il évite les urgences du dimanche soir et les discussions pénibles sur qui paie la consultation.
Le passeport, avant tout le reste
En Belgique, tout chien doit être identifié par puce électronique et enregistré chez DogID avant huit semaines. Le tatouage n’est plus accepté comme identification depuis fin 2014. Chaque chien identifié reçoit un passeport européen, et ce document est votre premier outil de travail.
Demandez-le systématiquement, et regardez trois choses :
- Le numéro de puce correspond-il au chien devant vous ? Un lecteur de puce coûte une trentaine d’euros et vaut l’investissement si vous gardez régulièrement. À défaut, le vétérinaire du quartier peut vérifier en trente secondes.
- Les pages de vaccination sont-elles remplies, signées et tamponnées ? Une case remplie au stylo sans cachet vétérinaire ne prouve rien.
- Les coordonnées du propriétaire sont-elles à jour ? Elles vous serviront si le chien s’échappe et qu’un tiers scanne la puce.
Un propriétaire qui « ne retrouve plus le passeport » est un signal. Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela veut dire que vous n’avez aucune trace vérifiable de l’état vaccinal, et que vous engagez votre responsabilité à l’aveugle.
Les vaccins qui comptent quand plusieurs chiens se croisent
Les vaccins de base couvrent la maladie de Carré, l’hépatite de Rubarth, la parvovirose et la leptospirose. Vérifiez la date du dernier rappel : au-delà de la validité indiquée, la protection n’est plus garantie, et la parvovirose reste mortelle chez les jeunes chiens.
Un vaccin de plus mérite votre attention, et il est souvent absent : celui contre la toux du chenil. Il protège de Bordetella bronchiseptica et du virus parainfluenza, qui circulent dès que des chiens partagent un espace, un jardin ou une gamelle d’eau. Si vous accueillez plusieurs chiens en même temps, exigez-le. Une toux du chenil qui traverse un groupe de cinq pensionnaires, c’est cinq consultations, cinq propriétaires mécontents, et deux semaines sans pouvoir accepter de nouvelle garde.
Comptez au minimum dix jours entre l’injection et l’arrivée du chien pour que l’immunité s’installe. Un vaccin fait la veille du départ ne sert à rien.
La rage n’est obligatoire que pour les déplacements à l’étranger. Si la garde implique de passer une frontière, même pour une promenade en France ou aux Pays-Bas, elle devient indispensable.
Les parasites, le problème qui reste après le départ du chien
C’est la question qu’on oublie le plus, et celle dont les conséquences durent le plus longtemps. Une puce femelle pond une cinquantaine d’œufs par jour, et ces œufs survivent des mois dans les plinthes et les tapis. Un chien qui repart chez lui peut vous laisser une infestation qui touchera tous vos pensionnaires suivants.
Demandez donc, avec des dates précises :
- Date et nom du dernier antipuces, et sa durée d’action
- Date du dernier antiparasitaire externe couvrant les tiques
- Date du dernier vermifuge
« Il est traité » ne suffit pas. Une pipette posée il y a cinq semaines ne protège plus si le produit dure un mois. En cas de doute, la solution la plus simple est de demander au propriétaire de renouveler le traitement quelques jours avant la garde, à ses frais, et de le noter.
Regardez aussi le chien à l’arrivée : écartez les poils à la base de la queue et sur le ventre. Des petits grains noirs, ce sont des déjections de puces.
Les traitements en cours, notés avec précision
Un chien sous traitement n’est pas un problème, un traitement mal transmis en est un. Ce qu’il vous faut par écrit :
Le nom exact du médicament, la dose, le nombre de prises et les horaires. « Un demi-comprimé matin et soir » se note, ne se retient pas. Faites-vous montrer la boîte.
Le mode d’administration : avec ou sans nourriture, dans quoi le cacher, ce que le chien fait pour le recracher.
Ce qui se passe en cas d’oubli : sauter la prise ou la rattraper ? Pour un antiépileptique, la réponse n’est pas la même que pour un complément articulaire.
La quantité fournie : comptez les comprimés devant le propriétaire et notez le nombre. Cela évite la conversation où l’on vous reproche d’avoir oublié trois prises.
Trois antécédents méritent une question directe, parce qu’ils changent votre conduite en cas de crise : l’épilepsie, les problèmes cardiaques et les allergies alimentaires ou médicamenteuses. Un chien épileptique peut faire une crise le premier soir dans un environnement inconnu, et savoir que c’est déjà arrivé change tout.
L’état à l’arrivée, constaté et daté
Prenez cinq minutes devant le propriétaire pour un tour rapide, et notez ce que vous voyez : yeux et oreilles propres ou non, état de la peau, boiteries, tartre, corpulence, souplesse à la marche. Photographiez ce qui sort de l’ordinaire, une plaie en cours de cicatrisation ou une griffe cassée par exemple.
Ce constat contradictoire protège les deux parties. Sans lui, une boiterie découverte au retour devient forcément votre faute.
Quelques situations justifient de refuser la garde, ou au moins de la reporter : diarrhée ou vomissements dans les vingt-quatre heures précédentes, toux, écoulement oculaire ou nasal, abattement inhabituel, chienne en chaleur si vous accueillez un mâle non castré. Refuser une garde coûte une journée de revenu. Accepter un chien contagieux coûte votre réputation.
L’autorisation de soins, le document qu’on regrette de ne pas avoir
Si le chien doit être conduit chez le vétérinaire pendant la garde, vous devez avoir en main :
- Une autorisation écrite du propriétaire vous permettant de faire soigner l’animal en son absence
- Un plafond de dépenses au-delà duquel vous devez le joindre avant d’engager les frais
- Les coordonnées de son vétérinaire habituel, et l’accord de consulter ailleurs si celui-là est fermé
- Un contact de secours, quelqu’un de joignable si le propriétaire est dans un avion
- Le vétérinaire de garde de votre secteur, repéré à l’avance, avec ses horaires de nuit et de week-end
Ce dernier point se prépare quand tout va bien. Chercher un service d’urgence à 23 h avec un chien qui convulse dans le coffre, c’est trop tard.
Précisez aussi qui avance les frais. La formule la plus simple : vous payez, vous conservez la facture, le propriétaire vous rembourse au retour. Écrivez-le, et demandez s’il a une assurance santé animale, avec le numéro de contrat.
Garder tout ça au même endroit
Ces informations n’ont d’intérêt que si vous les retrouvez le jour où vous en avez besoin. En pratique, elles finissent dispersées entre un carnet, des SMS et une conversation dont vous ne vous souvenez plus.
Les plateformes professionnelles règlent ce point en rattachant une fiche à chaque chien. Chez GardiCanin, chaque fiche client comprend la fiche de l’animal : identification, vétérinaire, traitements, particularités. L’outil est français et gratuit pour les professionnels déclarés, mais le modèle de fiche reste transposable où que vous exerciez, y compris en Belgique où les règles d’agrément dépendent de votre région.
À défaut, un simple document par chien fait le travail, du moment qu’il contient les six blocs vus plus haut et qu’il est daté.
Pendant la garde, trois choses à regarder chaque jour
L’appétit, la consommation d’eau et les selles. Ce sont les trois indicateurs qui bougent en premier quand quelque chose se dérègle, bien avant que le chien paraisse malade. Un chien qui boude sa gamelle deux repas de suite, ou qui vide son bol d’eau trois fois plus que d’habitude, mérite un appel au propriétaire le jour même.
Notez ce que vous observez, avec l’heure. Le jour où vous appelez un vétérinaire que vous ne connaissez pas, cette liste vaut mieux que « il n’allait pas bien depuis hier ».


